Faire compter la famille…

C’est pas votre faute vous pouviez pas le savoir. Alors je vous le file en mille: Y’a longtemps que j’ai eu l’occasion de consacrer du temps de qualité à ma famille. Le genre de temps où l’on est vraiment présent, où on est là comme disent certains. Là comme lors de cette rencontre, là comme toutes les autres fois où je ne l’ai pas été.

Alors ce week-end je suis allé au fleuve. Parce qu’elle aime le fleuve, elle a une relation unique avec lui, secrète, très intime, c’est depuis que son papa a vogué sur ces eaux, sur des bateaux aussi long que le temps qu’ils vous demandent pour revenir. Les moments au fleuve avec elle, c’est tous les silences qu’il faut faire, chargés des souvenirs et des vieilles peines qui vous assaillent quand les vagues amènent ailleurs celui qui vous a donné la vie et un toit, où vous, vous devez rester. À quai tout au plus, c’est fou la distance quand le plus près qu’on puisse être de son père, c’est sur le quai, alors qu’il est à l’autre bout du monde.

Le fleuve c’est aussi les couchers de soleil avec le fils, se raconter la vie, se rapprocher de sa grand-mère aussi, qui est partie se cacher derrière un de ces drôles de nuages, de feu pas de sang qu’il dirait. Le fleuve, c’est là aussi qu’il m’a dit que quand il serait grand, quand je rejoindrais ceux qui vont se faire l’éternité derrière les ouates orangées, il allait revenir, avec ses propres enfants, juste pour se rappeler. Il en a pas reparlé cette fois. Il a peut-être oublié que c’est là qu’il voulait venir se rappeler.

6 commentaires jusqu'à maintenant

  1. Patricia on

    Que c’est généreux de partager ainsi… et de nous rappeler ce qui compte vraiment.

    Bonne semaine à vous et votre famille!

  2. Ysa on

    Bon, je braille…
    Vraiment touchant… comme toujours!

  3. Juliette on

    Chassez le naturel et il revient au galop…

  4. Martin on

    @ Patricia: Merci, c’est gentil!

    @ Ysa: Quand même, faut pas se faire des larmes, c’était un beau coucher de coeurs ;-)

    @ Juliette: Ouais, on en sort pas, je vais finir par réanimer l’autre bloye !

  5. bpco on

    C’que c’est bon de vous lire (re) comme ça…

  6. Martin on

    @ bpco : Avec le temps, tout doucement… comme un retour, lentement.


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